Le monde scientifique s’accorde aujourd’hui pour reconnaître que les oiseaux descendent directement des dinosaures. Ainsi, comme le fameux archéoptéryx il y a 150 millions d’années, les ancêtres des poules  avaient des dents.
Il est maintenant établi que notre poule actuelle  a pour ancêtre le Gallus Gallus dit coq de Bankiva, coq sauvage dont on situe l’origine en Inde, Sumatra, Java, Indochine, sud de la Chine. L'allure générale, sa forme et les couleurs des coqs et poules évoquent celles de notre gauloise dorée, (en plus petit) ou de l’Ardennaise naine.

On a dénombré trois autres espèces sauvages :
- Le Coq de Lafayette ou Gallus Lafayetii, originaire de l’Inde mais que l’on ne trouve plus actuellement qu’au Sri Lanka
- Le coq de Sonnerat ou Gallus Sonneratii, originaire du sud de l’Inde
- Le coq de Java ou Gallus Varius, originaire de l’île de Java et autres îles avoisinantes.

Couple de bankiva

L'origine de la poule domestique se perd dans la nuit des temps. Les Bankiva passaient une grande partie de leur temps à explorer et à gratter le sol à la recherche de nourriture, parfois jusqu’à proximité des villages des hommes. On pense que c’est ainsi que la domestication de ces oiseaux a commencé, il y a environ 6 000 ans.

Avant sa domestication, l'homme chassait la poule, qui vivait alors à l'état sauvage, pour la qualité de sa chair.
C'est à peu près vers cette époque que se manifeste la présence en Chine et dans les Indes, de poules domestiques. Vers 1400 avant Jésus-Christ, les poules domestiques faisaient déjà partie de la vie quotidienne en Egypte, et l'on sait que les Grecs et les Romains en pratiquaient l'élevage. Il est bien difficile de déterminer avec certitude son ancienneté.


                                                         Bankiva


             

C'est vers 800 avant J.C. qu'elle se répand sur le pourtour méditerranéen et en Europe mais elle ne deviendra vraiment commune en Italie que vers 200 avant J.C....

Les Romains, lors de leur pénétration chez les Celtes, trouvèrent sur leur territoire un grand nombre de ces oiseaux. Jules César, dans "La guerre des Gaules" décrit une race qui pouvait ressembler à notre Combattant du Nord.

 Columelle dans son livre VIII (Tome deuxième de Columelle ; trad. nouvelle par M. Louis Du Bois -  C. L. F. Panckoucke, 1846. Bibliothèque latine-française.) écrivait :
« On en distingue trois espèces : les poules de basse-cour, les sauvages et les africaines.
On nomme poule de basse-cour, celle que l'on voit ordinairement dans toutes les fermes; poule sauvage, celle qui, ressemblant à la première, est prise par les oiseleurs, et qui abonde dans cette île de la nier Ligurienne que les matelots ont appelée Gallinaire, du nom de ce volatile ; et africaine, celle que presque tout le monde désigne sous le nom de poule numidique, qui ressemble à la pintade, si ce n'est que sa huppe et sa crête sont rouges, au lieu d'être bleues, comme celles de cet oiseau.
Toutefois, dans la basse-cour, les femelles de ces trois espèces s'appellent proprement poules; les mâles, coqs ; et les coqs châtrés, chapons : on pratique la castration sur les coqs pour éteindre en eux les désirs érotiques. De plus, on ne se borne pas à leur enlever les organes de la génération, on leur brûle aussi les éperons avec un fer chaud, et, après leur destruction, on enduit d'argile à potier, jusqu'à parfaite guérison, la plaie faite par le feu ....»


Les écrits de columelle ont eu cours jusqu’en l’an 1600 environ. A cette époque là, un homme allait révolutionner par ses idées et ses pratiques toutes les bases de l’agriculture et de l’élevage en france. Il s'agit d'Olivier de Serres, qui naquit à Villeneuve-de-Berg en 1539, et mourut au Pradel près de Villeneuve-de-Berg le 12 juillet 1619, à l'âge de 80 ans.
 


En avril 1598, Henri IV, après la publication de l'édit de Nantes, lance un appel aux bonnes volontés, pour ressusciter le royaume, Olivier de Serres se met à son service.
En effet le royaume d'Henri IV, est dévasté par les guerres de religion, par la misère paysanne, par les disettes et les famines.
Olivier de serres

Lorsqu’il est appelé à la cour, Oliveir De Serres amène son recueil avec lui, colossal travail de mille pages, dans lequel il a consigné tous ses écrits et ses notes intitulé le "Théâtre d'Agriculture et Mesnage des Champs"

Cet imposant ouvrage est édité, à la demande d’Henri IV dans son intégralité en 16.000 exemplaires et expédié dans toutes les paroisses de France.
Le livre connaîtra 8 rééditions du vivant de son auteur, 19 rééditions jusqu'en 1675, ainsi qu'une 21ème édition en 1804.
C’est le premier grand traité agronomique qui étudie entre autres l’aviculture, et qui décrit les qualités des poules et des coqs à partir de leur taille, de leur couleur. Certaines descriptions rappellent quelques races actuelles.


L’aviculture française connaît une évolution considérable vers le milieu du XIX ème siècle, avec l’apparition des races asiatiques. Les croisements pratiqués avec ces géantes asiatiques telles que les Cochin, les Brahma puis les Langshan ont donné naissance à la plupart des races françaises telles que nous les connaissons actuellement. (Très peu de races françaises n’ont pas fait l’objet de croisements).
La France compte actuellement 45 races de volailles dont le standard a été établi et qui sont considérées comme stabilisées.


Toutefois, la notion de rentabilité, de profit et les impératifs de production, ont fait émerger de nouvelles races hybrides industrielles essentiellement d’origines étrangères qui supplantent le patrimoine avicole national et qui mettent parfois en péril la survie de quelques races abandonnées dans nos campagnes et qui finissent par tomber dans l’oubli.

C’est grâce à des passionnés, à des éleveurs chevronnés, à des conservatoires de races, mais aussi grâce à des particuliers, à des amateurs anonymes et à des débutants que continuerà exister le travail de tant d’années d’élevage et de sélection.



 


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